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déc 07 2013

#11 Championnats Rhône-Loire Saint-Germain-Lespinasse

Cette année il fallait être matinal pour aspirer au titre…
Le parcours me convenait mieux que l’an passé en cadet et j’estimais au départ mes chances d’être champion à peu près similaires. De toute façon, l’objectif était seul et unique, c’était le maillot. Des médailles, j’en ai assez. Pour autant, je n’y croyais pas du tout, je n’étais pas plus motivé que ça au départ.
La première tâche, ne pas louper le bon coup. Je sais qu’il y en aura un, on est trop nombreux et le championnat est trop ouvert, surtout à deux comités. Et pour une fois je vais courir intelligemment en sautant dans les deux premiers coups, certes vains. Aujourd’hui je lis la course, je n’ai pas de temps de retard, peut-être même un d’avance et je suis très serein. Je ne peux pas la louper. En effet, lorsqu’un groupe d’une dizaine sort à l’avant, je suis entrain de parler à l’arrière, pourtant je remonte à gauche et rentre au train sur le groupe encore à une vingtaine de mètres. Et puis, ça s’organise très vite, les relais tombent pour ne jamais être reniés jusqu’à l’arrivée. Je me retourne et contemple le peloton pour la dernière fois.
Nous sommes 12, premier réflexe, compter : 3 de la loire seulement malheureusement (Brun, Garnier, Treille) et par conséquent 9 du Rhône dont quelques duos ( Lachanelle, Depardon et Charreyron, Jury et Michel, Ferret, Enaud, Perrier). Je me méfie en premier de Valentin Jury qui peut compter sur Romain. Ensuite, de Jérémy que je connais par coeur, tant en course qu’à côté. Pas trop des Bellevillois qui courent plutôt mal, même si ce sont peut-être les plus costauds. Et pour ce qui est des autres individualités, ils ne sont ni rapides au sprint, ni trop dangereux en solitaire dans la mesure ou certains rouleraient dessus sans se poser de questions. Pour ne pas mentir, les trois autres, ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent, pour moi ce ne sont que des outils tactiques, ils ne comptent pas.
Je suis parfaitement à l’aise mais comme tous les ans, je joue la carte du bluff histoire de rogner les coins de mon éventuelle pancarte, sait-on jamais ; et la fraîcheur qui sera déterminante et qui peut virer à mon avantage pour le moment. Je suis toujours vigilant, bois beaucoup et me concentre sur le fait de prendre les relais les plus courts possible, les plus réguliers, les plus homogènes par rapport au groupe. Creuser l’écart ce n’est pas mon problème, c’est loin derrière et même si ça revient, je serai toujours parmi les plus frais. Autrement dit pour le moment, pas de fausse note. Il reste encore le final à négocier, mais tout est encore à faire.
Je connais tout le monde dans l’échappée et certains, presque par coeur. Je sais parfaitement que Romain va tenter de sortir avant le dernier kilomètre. Mais je pensais que d’autres le feraient avant : ce n’est pas le cas, tant mieux. Les relais tombent bien. Quand il essaie de sortir comme prévu, c’est Damien qui réagit. Derrière nous trois, il y a un petit trou et lorsque Damien se relève je le passe tout de suite. Romain emmène toujours et moi dans sa roue : à partir de ce moment j’ai un choix à faire, irrémédiable : soit je contre violemment dès qu’il se relève, soit je me relève aussi et conserve mes chances au sprint. Mais je suis joueur. Dès l’arrivée sur la grande route qui marque le dernier kilomètre, je contre sur la droite. Pour moi, c’est idéal et ça peut marcher : d’une je suis frais, de deux le trou est déjà fait donc pas de souci de décoller les autres de la roue et de trois comme le vent est de face, ça risque de se désorganiser derrière, comme c’était le cas à chaque tour. Mains aux cocottes en poursuiteur. Je ne me laisse qu’un coup d’oeil derrière : ce n’est qu’à 20 mètres car Depardon donne tout pour rentrer… Je n’ai plus le choix et je fais le forcing. Par expérience, ce n’est pas par que c’est rentré, que c’est perdu. Malheureusement quand je me retourne dans la bosse aux 500m, c’est pour constater que tout le monde a recollé. Je sais que ma course est perdue. Je suis quand même prêt à me dépouiller au sprint, mais je n’aurais pas pu faire pire, je crois. Tant pis, j’ai voulu jouer, j’ai perdu.
Je n’ai qu’une quinzaine de secondes pour récupérer et le sprint est lancé à l’entrée d’un rond point. Mais mes muscles ont déjà toxiné, je commence le sprint déjà entamé. Je ne peux donc que limiter les dégats. Je suis en 7e position, puis dans les 100 derniers mètres je déboite Benoit et me rassois un peu trop tôt. Dommage, la ligne était plus loin que ce que je croyais, et j’aurais surement pu le sauter sur la ligne. Mais ça ne change rien. Je termine donc 7e, forcément, avec des regrets gros comme ça. Comme souvent pour le moment, c’est vrai. Mais plus question de parler de poisse ni rien de tel, ce n’est qu’un championnat du Rhône, j’ai au moins compris ça. C’est encore une fois Jérémy qui l’emporte pour son 3e titre départemental déjà. Malheureusement, Cédric nous a condamné tous les deux, puisqu’il termine 3e malgré sa poursuite.

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