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déc 05 2013

#4 Bouvent

Bouvent, ou la grosse blague.
Un petit air de Corveissiat, si ce n’est que l’issue ne sera pas la même.
La tactique était claire : gagner. Perdre en soi ne me gène pas, par contre ne pas avoir pu tenter ma chance ça, ça me fait chier. Et puis je ne peux m’en prendre qu’à moi evidemment, et ça c’est pire que tout…
Enfin le fait est là : j’ai oublié mes chaussures, si y’a bien un truc con qui pouvait m’arriver c’était ça, et toute la bonne volonté du monde ne pouvait pas me les rendre… A Corveissiat Valentin Senty m’avait prêté les siennes et je l’en remercie, sans trop savoir au départ de cette course qu’elle allait changer ma saison. C’est aussi pour ça que le dimanche 28 gardera un goût amer mais bon…
On se remotive, et même si finalement j’suis au bord des larmes ça me donne la niaque et j’en rigole, enfin… Je ne sais pas si au fond c’est vraiment drôle… Tant pis, sans mentir je ne sais pas du tout ce que ça va donner, je suis perdu, mes objectifs ne sont plus du tout les mêmes. Je me donne un tour pour voir comment ça fait, parce que c’est quand même un peu nouveau pour moi comme handicap. Et c’est vraiment pas facile, surtout que d’habitude j’ai un coup de pédale très vertical là la prise n’est plus du tout la même et ça me trouble beaucoup. Dans l’épeingle, l’expérimente la relance, mais en la prenant à la corde avec un braquet énorme, c’est la catastrophe. Je descends de vélo, change les pignons et relance. Les premiers coups de pédale me donnent l’impression d’être un camion au milieu d’une course de voitures. Encore, sur un parcours vallonné avec les jambes du moment j’aurais pu m’accrocher et me vanter d’avoir fait une belle place, autant là vieux vaut ne pas compter sur l’écrémage. Quitte a perdre, autant le faire avec panache. Au 3e tour, alors que je n’avais pas encore bougé un orteil et que la moyenne n’avait pas encore décollée, je coupe l’épeingle a pied et relance rapidement. Il y a un petit trou. J’emmène avec moi Axel Merle et un maconnais. Si mes souvenirs sont bons, ils n’ont pas passé un seul relai avant de péter de la roue l’un après l’autre. Cette première attaque durera un gros kilomètre, peut-être deux. A vrai dire, je m’en fous, et ceux qui me roulent dessus me font rire. Première attaque, parce que première d’une longue série… En ce début de course, les attaquants sont frais et tentent de sortir seul, avec successivement Max Chappe, Romain Faussurier, Rémi Giroud et Antony Chamerat mais jamais une attaque n’excèdera un gros kilomètre. Je réessaie plusieurs fois avec un peu tout le monde. Mathieu Barioz, Valentin Jury, Romain Faussurier, Thomas Lassaigne ou d’autres, je ne me rapelle plus de tout le monde. Et quand je n’y suis pas je roule sans me poser de questions. Courrir sans réfléchir c’est plutôt agréable, faire la grosse brute de base c’est plutôt marrant. Par contre, quand je roule a bloc en tête de paquet, personne n’a l’idée de venir passer un petit relai. Et se faire revoir par un mec en baskets, c’est balaud. Enfin tant pis, moi après tout je m’en fous, et ça recommence, je ressors avec du Raffin, du Merle, du Rolland, du Barioz… Jusqu’à trois tours de la fin ou ma course s’arrête sur une connerie…
Au 9e tour j’ai l’idée un peu stupide de recouper le virage comme au troisième tour, sans avoir l’intention d’attaquer, juste d’éviter d’avoir à prendre le virage à la corde où le pourcentage était important et où j’allais devoir poser pied à terre… En fait, j’avais aucune intention d’attaquer ou d’en tirer profit ou quoi que ce soit, juste d’éviter de faire chier les autres encore une fois et puis, en fait, vu l’état des choses je m’en foutais un peu. De toute façon je ne savais pas quelle tournure ma course allait prendre. Un coup de klaxon, venu de derrière, des voix intérieures et extérieures me disant « ça y’est, t’es con, tu vas te faire arrêter… » Pas l’intention de fuir, de toute façon je n’aurais pas été bien loin, je m’arrête et le commissaire m’interpelle… Il me dit calmement ce qu’il me reproche, me prévient qu’ils vont malhereusement devoir m’arrêter et que c’est le règlement. Ca serait moche comme fin, un peu injuste… Mais dès qu’il comprend que je cours en baskets il s’interromp « ah, c’est toi, les chaussures »… Puis accélère et disparait de mon champ de vision. Il était pas méchant le bougre, juste un peu lent du cerveau… Parce que maintenant je suis tout seul dans la pampa.
Personne devant, personne derrière. Quesque je supporte pas, d’être laché… L’honneur et la niaque de tant d’injustice me font relancer a bloc, et a roulerpour récolter les lâchés un a un. Devant, je ne sais pas combien ils sont, surement une petite trentaine. Au bout d’un demi tour, je reviens sur Friley, qui ne peut pas tenir la roue. Puis sur un gars de bourg, un de chambé, un d’ambérieu. A un tour et demi je rentre sur un groupe de trois dont Rémy, je les traine et « roule » avec eux pendant un tour jusqu’à ce qu’ils sautent de la roue lors d’un relai… Alors je continue ma bout de chemin seul et reviens sur Jacquier et Thomas Pfmachin. Je les passe en injection mais ils reviennet à l’arrache quelques mètres plus loin. Le problème est qu’il ne reste qu’un kilomètre. Jacquier joue sa vie derrière, il met les mains en bas, descend les dents, concentré a mort… J’en rigolerais presque… Enfin je roule devant et lance le sprint à 300m, il me passe, putain c’est dur d’appuyer si fort, mes pieds décollent des pédales, ma roue avant saute… Je ne peux que revenir dans la roue.
C’était la première manche du challenge coval… Devant Chamerat règle un petit groupe au sprint. Je suis persuadé que j’aurais pu presque accrocher ce groupe-ci, ou à défaut, le groupe de contre. Enfin ça n’aurais pas changé grand chose. Pas le moment de se lamenter sur sa propre connerie. Parce que les jambes commencent à être vraiment là et qu’après tout, les seules courses que j’aie fait jusqu’à présent était à chaque fois les plus relevées et de loin. Le week-end prochain je doublerai avec la piste le samedi et la route à Vaulx le dimanche. On verra bien si la malchance s’invite à nouveau…

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