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déc 05 2013

#24 Saint-Trivier-de-Courtes

Saint Trivier, bon souvenir de l’an passé, un sprint massif royal après une semaine d’entraînement à la montagne.
Cette année, même chose, sauf que c’était beaucoup plus difficile. Un bon niveau avec les bourguignons et les franc-comptois mais quand même à ma portée sur une course qui me convient bien.
Promesse tenue, on fait le départ avec Mathieu et même sans échauffement je suis bien dans le rythme. Quelques sacs, pas bien dangereux mais personne ne veut faire l’effort à chaque fois si bien que les coureurs isolés qui tentent leur chance prennent facilement de l’avance. La course ne ressemble pas du tout à celle de l’année dernière. Je veux bien ramener un peu mais au bout d’un moment ça devient un peu lourd. Et quand par-dessus se greffe le jeu des équipes, ça devient complètement ingérable et les coureurs de Lyon sprints enchaînent les échappées à tour de rôle. Persuadé d’un course à deux échelles je reste concentré sur les véritables gros bras qui jouent au plus malin derrière. Dans le seul petit taquet du parcours je sens que Gauthier a des fourmis dans les jambes et j’anticipe son attaque. Je tiens la roue, mais pas longtemps et Valentin me remplace au charbon. Je serre les dents mais je sais très bien que je ne suis pas bien. Plutôt que de me faire complètement péter je préfère me relever un peu juste avant et attendre le peloton. Seulement le peloton n’existe plus et quand je me retourne et vois revenir sur moi le seul Maëlan je me rends compte de mon erreur. Devant on a vu aussi mais on ne se relève pas évidemment. La chasse sera longue mais je me promets de ne pas lâcher l’affaire.
Maelan craque une première fois après les faux plats. Tout seul sur les grandes lignes droites je n’arrive pas à prendre de rythme assez rapide pour espérer quoi que ce soit et à mon grand bonheur il revient. On roule encore un moment à deux et même si je suis bien au-dessus il me soulage beaucoup. Quand il craque à nouveau un peu plus loin je crois un instant qu’il va revenir mais ce n’est pas lui, c’est … Un groupe entier. C’est ça, la bonne nouvelle ! Alors que l’écart augmentait pour atteindre presque 45″ On va d’abord réussir à le stabiliser puis à le réduire. Le groupe est complètement sous mon commandement : je suis un cran au-dessus et une fois que je comprends que les relais trop appuyés en font sauter quelques uns, je prends des relais juste plus longs et au fur et à mesure, on se rapproche. Quand le groupe n’est plus qu’à une quinzaine de secondes arrive la bosse et je me force à ne pas la monter trop vite pour garder avec moi du monde capable d’embrayer ensuite. Malheureusement je me retrouve encore seul ensuite et après une longue hésitation je choisis de foncer et tenter de rentrer seul. Encore quelques kilomètres de chasse : après deux tours et demi en chasse (22km environ) je parviens à recoller devant.
Et je serai le seul. Une fois qu’on se rend compte que je suis revenu de derrière on embraye carrément devant et le retour des lignes droites ventées sonne le glas du groupe de poursuivants. On est 8 devant avec les plus costauds mais le niveau semble assez hétérogène. J’éprouve le besoin de souffler mais on (je?) ne m’en laisse pas le loisir et je retourne à la planche. Les kilomètres de chasse plus ou moins tout seul me pèsent lourd dans les jambes. Je suis résigné à essayer de tenir le choc jusqu’à l’arrivée pour limiter la casse avec une place la meilleure possible, plus question d’envisager la gagne. Peu de temps après mon retour, Mathieu profite d’une désorganisation pour attaquer. Bien lui en prend, il s’isole vite devant et Louis Pijourlet toujours très malin flaire le bon coup quelques secondes plus tard. Les deux ne se relèveront pas, pendant que de notre côté seuls Gauthier, Goulot, moi et Roz roulons régulièrement. Je suis un bon cran en-dessous et à mon avis, je fais plus les ralentir qu’autre chose. Les choses restent en l’état jusqu’au dernier tour où on se rend compte qu’on ne reviendra pas. Moi, je ne collabore plus, mais c’est surtout parce que je ne peux plus, à l’agonie derrière. Je fais le sprint sans le faire vraiment, en regardant droit devant l’arrivée des deux premiers. Je crois que c’est Louis qui a gagné, mais non. Le sprint démarre de notre côté, je réagis mollement et me retrouve derrière un peu volontairement, je n’ai pas d’autre choix que d’essayer de déboiter tard. Je suis physiquement à fond mais j’aurais encore la force d’en remettre une sur la pointe de vitesse. Je me fais violence pour passer Valentin. Peut-être qu’en me concentrant un peu plus j’aurais pû faire mieux. Ca n’a pas vraiment d’importance. J’aurais vraiment pensé être fort aujourd’hui, c’était tout le contraire à mon grand étonnement. Je n’étais pas au niveau. Je ne sais pas comment je vais pouvoir corriger le tir avant les France. Une semaine de repos serait peut-être la meilleure des solutions.

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